Bioclimatisme et maison passive

Les principes de l’écohabitat résonnent en nous comme des évidences. Mais des évidences rarement misent en œuvre qui ne concerne qu’un nombre honteusement dérisoire de foyers français.

La maison bioclimatique

L’architecture bioclimatique ou le bioclimatisme est une discipline qui a pour vocation de trouver un juste équilibre entre les impératifs techniques de construction, les données environnementales (climat, situation géographique, orientation…) et l’individu. C’est ainsi que la circulation de l’air et le rayonnement solaire sont les données qui constituent les facteurs qui régissent les fondements de cette discipline.

Ces maisons ne sont pas forcément des habitats écologiques mais leur conception leur permet de réduire de façon très significative la consommation d’énergie du foyer en utilisant au mieux les apports extérieurs.

Des choix réfléchis permettent de réduire les besoins énergétiques, de s’assurer un confort thermique agréable, de contrôler l’hydrométrie et de favoriser l'éclairage naturel.

Trois thématiques logiques et interreliées définissent le bioclimatisme dans son aspect pratique :

Capter la chaleur

L’axe de diffusion des rayons solaires est fonction des saisons.

Dans notre hémisphère, en hiver, du fait de l’éloignement de l’astre, l’axe de sa course fléchit, le soleil suit alors au lever une trajectoire sud/est pour se coucher vers le nord/est. Il est donc important de tirer le meilleur parti de l’exposition sud en favorisant l’installation de grandes parties vitrées, chargées de capter le rayonnement solaire pour piéger les rayons infrarouges et laisser passer la lumière, afin de créer un effet de serre.

Les sols, les murs, absorbent ces rayons et les convertissent en chaleur.

En été, le soleil se lève au nord/est et se couche au nord/ouest. L’axe de diffusion des rayons solaires est donc plus grand. Les risques de surchauffe sont donc palliés par la mise en place d’un rideau protecteur (volets, avancées de toitures, écran de verdure…).

L'été le rayonnement solaire est limité par des volets, les avancées de toitures limitent, voire les écrans de verdure qui le filtre. L'hiver du fait de la course plus basse du soleil, le rayonnement solaire n'est plus arrêté par les avancées ni les écrans de verdure, qui ont perdu leur feuilles.

Diffuser la chaleur

Des matériaux de teintes opaques, très lourds et denses piègent le rayonnement et le convertissent en chaleur. Ces murs capteurs piègent le jour la chaleur et la diffusent la nuit. C’est là l’élément de chauffage passif de l’habitat qui fonctionne sous le principe de l’inertie thermique.

Plus le matériau est dense et plus il emmagasine de chaleur. La pierre, la brique, la terre sont donc des écomateriaux naturels, sains et esthétiques tout indiqués. Il est aussi très important d’éviter pour des risques de surchauffe des teintes trop sombres (noir).

Dans des conditions optimales, aucun appareil de chauffage n’est en général nécessaire. Cependant, il peut être utile de prévoir pour les grands froids un dispositif de chauffage d’appoint (poêle, cheminée avec insert…).

Conserver la chaleur

Comme nous venons de le voir La chaleur captée et transformée est diffusée par rayonnement et inertie dans la maison. Une fois entrée, elle ne doit pas pouvoir ressortir.

Une excellente isolation thermique (sols, murs, cloisons, toiture) limite efficacement les pertes. L’isolation par l’extérieur ou intégrée au matériau de construction est la plus indiquée. Les parois sensibles (est et ouest) doivent être particulièrement bien isolées car elles ne bénéficient que de très peu de rayonnement. Il va sans dire que le nord est une façade à traiter avec attention. Les pièces de vies seront placées au sud et les pièces secondaires côté nord.

Les arbres, les haies, les talus au nord à l’ouest et à l’est servent de brise vent, les arbres feuillus plantés au sud serviront eux de cache soleil, la végétation basse plantée absorbe le rayonnement et assure ainsi beaucoup plus de fraicheur. Des plantes grimpantes peuvent éviter que le soleil direct ne surchauffe les mûrs en été, un puits canadien permet d’exploiter la masse de stockage thermique des sols et un chauffage au bois est un excellent complément.

La démonstration de l’utilisation de l’énergie solaire passive ainsi faite, il est évident et essentiel de tirer le meilleur parti de l’environnement immédiat de son habitat. Les tristes pavillons de parpaings et de béton, construits sur des talus, au gazon immaculé, aux haies soigneusement taillées, à l’isolation basique et au confort thermique précaire sont dès la pose de la première pierre écologiquement dépassés. Mais rassurez vous, ils sont une bonne leçon pour les portefeuilles de leur propriétaires et une excellente passerelle vers l’écorénovation.

La maison passive

La maison passive se base sur quelques grands principes liés à ceux de la maison bioclimatique.
La qualité et la performance des parois doivent engendrer une économie de 80 à 90 % d’énergie. L’assemblage des matériaux doit la rendre parfaitement étanche à l’air.
Dans une maison passive, chaque source d’énergie doit être une source de chauffage (l’activité humaine, les appareils électroménagers, le soleil…). La consommation d’énergie est au cœur des préoccupations, limitée au strict nécessaire, elle a pour but de rendre autonome le logement.

L’isolation thermique se doit d’être ultra performante. A cet effet, on choisira avec grand soin un complexe isolant extérieur, éventuellement complété par un isolant intérieur. Des huisseries offrant un excellent confort thermique de type triple vitrage son inévitables. Les ponts thermiques devront être supprimés de façons à réduire au maximum les échanges thermiques, une excellente étanchéité à l’air évite en outre des déperditions d’énergie supplémentaires.

La maison à énergie positive

C’est une maison qui cumule les avantages de la maison bioclimatique et passive. L’architecture est dense de façon à limiter les volumes inutiles. On y intègre ensuite des éléments mécaniques actifs : pompes à chaleur, panneaux photovoltaïques… L’énergie ainsi exploitée peut suffire aux besoins du foyer et son excédant revendu. Cela peut être considéré comme l’excellence en matière d’écohabitat. En effet, autonome, elle tire le meilleur parti de son environnement et le respecte en étant faite de matériaux écologiques. Cette classification pourrait devenir pour la RT 2020 un standard officiel.

N’attendez pas, soyez visionnaires, anticipez !!!







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