Les toitures vertes

Un véritable bonheur que d’avoir sur son toit une petite prairie verdoyante et sur ses murs du lierre ou en automne les chatoyantes couleurs de la vigne vierge. Emblème de la végétalisation murale urbaine, à Paris, les façades du quai Branly ont su redonner un aspect vivant aux tristes parois verticales de l’architecture moderne de l’édifice.

Outre la vision bucolique et esthétique, ces techniques ont des aspects pratiques indéniables.

Des toitures vertes et vivantes
Pour l’isolation thermique, le substrat des toitures et les végétaux qui y poussent jouent le rôle de tampon. Sachant qu’une toiture conventionnelle peut atteindre l’été en plein soleil plus de 65°, dans les mêmes conditions, une toiture « vivante » n’excédera pas 40 à 50°. Au fond même de ce petit biotope, au plus près des combles, la température sera elle encore inférieure de 5 à 15°.

La nuit, les végétaux captent la fraicheur et la rosée. Lorsque le soleil frappe sur la toiture, un phénomène d’évaporation se créé. Les plantes et les micro-organismes réagissent en libérant l’eau qu’ils contiennent pour se rafraîchir. Cette réaction ralentit la diffusion de l’énergie solaire dans la masse de la toiture.

En toute saison, ces toitures atténuent les écarts de température constatés le jour et la nuit. D’un point de vue acoustique, les bruits aériens et d’activités humaines et industrielles sont considérablement réduits (de l’ordre de 35 à 50 décibels). Jouant le rôle de capteur et d’éponge, plus de 50 % de l’eau de pluie y est retenue.

Mais il existe de grosses contraintes techniques. La structure de la charpente doit être adaptée : l’ inclinaison, l’orientation et la répartition des charges doivent être étudiées. Dans certains cas, un permis de construire peut être exigé. Les toitures horizontales et celles jusqu’à 45% d’inclinaison sont adaptées. Plus l’inclinaison sera faible, plus le drainage devra être important ; plus l’inclinaison sera importante et plus le risque d’érosion et de glissement sera grand. La pose de plusieurs éléments est nécessaire : un pare-vapeur, une membrane d’étanchéité, une trame de drainage et une autre filtrante, le substrat et ensuite les végétaux.

On estime de l’ordre de 30 à 50 % l’écart de prix entre une toiture traditionnelle et une toiture verte. Cette solution économique et durable nécessite 2 fois par an le contrôle des dispositifs de drainage et d’évacuation des eaux. Les mauvaises herbes doivent être régulièrement arrachées et la végétation qui y pousse surveillée. Il est donc idéal, si vous souhaitiez en assurer vous-même l’entretien, d’opter pour une inclinaison de 5 à 20 %. Un arrosage peut être nécessaire en cas de canicule.

Des murs protégés naturellement
Tapisser ses façades de verdure est indéniablement esthétique et pratique. L’écran végétal vertical qui se créé se comporte été comme hiver en régulateur thermique. Il est cependant important de bien choisir ses végétaux de façade. Le lierre est un persistant, il sera là toute l’année. La vigne vierge quant à elle disparaîtra l’hiver…

Réduisant les effets du rayonnement direct, l’été, le soleil ne vient pas frapper directement sur les murs. De ce fait, ces derniers stockent une quantité moindre de chaleur. Ainsi, la maison reste plus fraîche. L’hiver, l’écran protège les façades du vent et de la pluie.
Mais un mur végétalisé demande de l’entretien. Un treillage peut être fortement recommandé si votre façade présente des anfractuosités qui seraient susceptibles d’offrir trop d’enracinement. Votre allié végétal peut très vite devenir envahissant et la cause de désordres sur vos toitures, gouttières et façades…







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